Petite
réaction à retardement sur le discours
prononcé par notre Président fin juillet 2007
à Dakar. Il faut bien dire que la réaction a
été molle en France; la politique intérieure
continue de canibaliser toute information, et
tout débat sur l'extérieur. Ne nous
lamentons pas, rien n'est perdu: l'an dernier la petite phrase
de Le Lay, pédégé de la première chaine
de télé française sur la vente d'esprit
disponible avait justement mis trois mois pour faire scandale,
été oblige.
Je me contenterais, en tout cas aujourd'hui de m'exprimer sur un
point particulier de ce discours, visionnable dans l'extrait de 7
minutes pointé ci-dessus.
L'homme noir serait bloqué sur la "vie en
hormonie avec la nature", subissant "l'eternel recommencement du
temps". Cette conception de la vie ne laisserait "de place ni pour
l'aventure humaine ni pour le progrès". Bref:
impossibilité de construire pour cause d'excès de
présent et de mythes, de "sortir de sa répetition
pour s'inventer un destin". Le défi de l'Afrique: "rentrer
dans l'histoire".
Ce sujet m'est cher, et je l'avais d'ailleurs exploré
dans mon premier roman. Autant vous dire que cela me donne l'envie
ardente de le réécrire (je n'en avais que le
désir mou jusque là!) et de le diffuser car je
crois que ce sujet possède une actualité
féroce, dont le discours de PSN n'est qu'une petite partie
émergée mais très significative.
Car énoncer avec emphase de telles idées,
très choquantes vis à vis des africains, c'est
prendre un risque curieux pour un politique; en effet tout
celà est en outre très drôle pour le
"français d'en bas".
La société dans laquelle nous vivons
n'est-elle pas justement celle d'un hyperprésent, bien loin
de celui
auquel nous
enjoignait Ronsard ? La
société de consommation et la financiarisation de
toutes les activités humaines en sont les premiers
vecteurs, nos institutions n'étant là que comme alibi
de construction progressiste alors qu'elles ne sont le reflet de
nos mythes et de nos blocages stériles. Nous n'avons, en
tout cas de ce point de vue là, aucune leçon à
donner à l'Afrique, mais bien plutôt à en
recevoir.
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