Arrêter d'écrire pour le Grenelle de l'environnement ??? PETITION EXCLUSIVE !!! (Notes) posté le mercredi 26 septembre 2007 19:10

Serait-ce du développement durable que d'arrêter d'écrire, et donc de cesser de gâcher des ramettes de papier, puis d'être la cause de tant de rejets de CO2 dans l'atmosphère du fait de mes envois aux éditeurs ?

Quelque part, oui, c'est sûr. A moins d'être publié, auquel cas un auteur produit pour ceux qui le lisent beaucoup d'oxygène, ce qui vient atténuer l'impact de sa propre pollution, il y a un énorme problème avec les auteurs non publiés. Ceux là sont de purs pollureurs, et donc j'en suis un. C'est très grave, je crois. D'ailleurs, tout se tient, ça fait déjà longtemps que je considère mes écrits comme des pollutions nocturnes !!!

Donc je vais m'arrêter d'écrire. Et quand je dis arrêter, c'est arrêter, il s'agit pas de se réfugier dans le monde virtuel, saissant et publiant directement sur internet mes productions en me voilant la face, puisque le monde virtuel est au moins aussi polluant que le réel ( voir un article notamment sur la "pollution" induite par Second Life).

Dois-je faire faire cette proposition pour le grenelle de l'environnement ? 

Tiens, c'est une idée. Bon. Il faut faire quelque chose. Signez ce que vous voulez (en commentaires) pour amorcer une pétition, dans le sens que vous voulez, je vais pas commencer à cadrer qui et quoi que ce soit !! Et puis n'hésitez pas à promouvoir ce grand débat, je suis sûr qu'il peut devenir à la mode (!).

A BAS LA LIBERTE, ELLE EST POLLUANTE !!!

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Combien de pages avant de tomber? (Recherche d'éditeur) posté le mercredi 26 septembre 2007 13:23

Il y a des jours difficiles, et parfois ils prennent la file l'un derrière l'autre, jaloux de tout autre horizon. Il y a le confort, d'une part, et il y a le bonheur. Ne voyez pas ici une critique mesquine et indirecte de ceux qui n'ont rien et donneraient tout pour un peu de ce confort. Mais clairement, le confort, même en en prenant une définition large (un chez soi joli et confortable, un boulot, une vie sociale...), ne suffit pas.

Combien de jours passeront, à écrire la nuit avec le reliquat d'énergie qui me reste après... tout le reste ? Combien de pages vont se noircir de bonheurs virtuels pendant que mon cerveau s'obscurcit de ne pas avancer ?

Combien la poste transportera de colis enveloppant mes fidèles manuscrits, combien de camions poubelles les ramasseront sur le paillasson des éditeurs ?

Je ne méprise pas les vies "normales", mais je suis auteur. Et peu à peu, l'auteur se fait grignoter. Ces derniers jours, j'ai l'impression d'arriver en phase terminale d'une évolution: au fond de mon corps, je crois que l'auteur commence à se cabrer méchamment. J'ai les jambes lourdes, plus aucune énergie, pas envie de me lever, pas envie de quoi que ce soit, pas faim, plus d'ambition professionnelle. L'auteur fait un croc-en-jambes à l'homme normal. C'est de bonne guerre, il ne lui reste que ça, il faut dire. L'homme normal a pour lui de ramener des sous à la maison, d'avoir des bons copains pour papoter. Et pourtant l'homme normal qui revient du travail reçoit dans son courrier les manuscrits refusés de l'auteur, ce qui lui pète le moral comme je ne saurais plus le décrire. L'homme normal voudrait consacrer plus de temps à sa famille, à ses amis, et parfois même à se reposer.

J'en n'attends plus de réponse d'éditeur pour mon premier roman (de toute façon, il faudrait que je le réécrive). J'attends encore 4 réponses pour mon second. Et 3 pour une petite nouvelle bien mignonne écrite cet été.

Je me jette sur la boite aux lettres tous les jours... et rien.

L'homme normal a encore accordé un sursis à l'auteur. C'est un frère, il a toujours envie de lui faire confiance même si jamais il n'a semblé être à la hauteur des réussites prétendues. L'homme normal n'a pas dit de combien de temps est ce sursis.

Peut-être qu'il ira mieux dans quelques jours et qu'il repartira pour un tour. Peut-être que non.

Qui tombera le premier ?

Séance de yoga bienvenue ce soir...

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Pourquoi La Poste DOIT sponsoriser la publication de mon premier roman (Recherche d'éditeur) posté le mercredi 26 septembre 2007 13:19

Faisons un petit calcul. Il parait qu'il existe en France plus de 1 millions de personnes qui écrivent. Alors, parmi ceux là, il y a les journaux intimes, les poèmes adolescents, les défouloirs imprévisibles, les essais divers, et puis disons ne serait-ce que quelques dizaines de milliers d'apprentis écrivains comme moi. Allez, disons 100.000. C'est énorme.
 
Comptons que chacun écrit 1 objet littéraire tous les 2 ans, et prenons cette valeur comme moyenne. Il existe en France quelque chose comme une trentaine d'éditeurs ayant des réseaux de distribution un tant soit peu développés. Comptez 8 euros le recommandé. Faisons le calcul: 100.000*30*8/2= 12 millions d'euros.
 
Voilà un calcul qui ne mène à rien si ce n'est à une question supplémentaire: la Poste ne vit elle pas plus des jeunes auteurs que les éditeurs ? Et tiens, une autre: ne pourrais-je pas, à ce titre, demander à la poste de sponsoriser l'édition de mon premier roman ? Allez, je leur envoie une demande... par courrier... recommandé, avec accusé de réception.

 

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Evolution personnelle et entretien professionnel (Notes) posté le jeudi 20 septembre 2007 13:36

Je vais pas vous enquiquiner avec mes activités alimentaires qui me font lever tous les jours. Simplement, j'ai eu aujourd'hui mon entretien professionnel, et quand mon supérieur m'a dit, au bout de une heure et demi de palabres que l'on abordait la case "évolution professionnelle point d'interrogation", je dois dire, en dépit de la répétition annuelle de cet exercice, que je suis resté passagèrement sec face à l'objet non identifié que nous étions censés traiter dans la minute.

Car enfin, mon but, mon "évolution personnelle" repose entièrement sur mes désirs d'auteur et quelques autres composantes de ma vie personnelle. Si je suis auteur, c'est pour l'écriture, mais aussi plus en profondeur, pour ce qu'elle apporte de structurant dans ma vie, justement pour faire face à la vie professionnelle, trop conquérante à force du rythme qu'elle impose. Je ne sais pas si, étant rentier, j'arriverais à me lever le matin pour écrire; mais je sais qu'après une journée de travail usant, cela ne me pose aucun problème pour passer des heures à écrire. Et que c'est ce rythme là et pas un autre qui fait mon évolution personnelle.

Que pouvais-je bien lui dire ? Que ce travail n'est qu'alimentaire ? Que je n'ai aucune ambition, et que je ne pourrais qu'être réticent à une quelconque promotion sous prétexte que, à contre courant, je n'estime pas que ma vie est mon boulot, et qu'il n'en est même pas la colonne vertébrale par défaut (constat que doivent se faire beaucoup de gens le jour où ils se posent) ?

Bon sang, Kafka et je ne sais quels autres auteurs qui devaient travailler à côté de leurs élans littéraires, que pouvaient-ils bien dire dans pareille situation ?

"Patron, je suis très heureux dans mon travail; tout est ici tellement catastrophique que cela me donne des sujets littéraires pour quinze vies au moins" ????!!

Bref, on s'en sort par une pirouette mais au fond on se sent terriblement seul.  Seul devant l'idée de ne jamais être publié, seul devant la tragédie de n'avoir que ce travail pour unique existence sociale  (avec ses avantages et ses inconvénients mais qui ne répond pas à l'ensemble de nos motivations, loin s'en faut), seul devant l'idée de rater toute carrière professionnelle à force de penser à autre chose, qui n'a que peu de chances de déboucher sur quoique ce soit qui puisse remplir une assiette quotidienne.

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Potentialité de liberté (Ce que j'écris ou pas loin) posté le samedi 15 septembre 2007 00:26

J'ai vécu ce soir un moment étonnant. Pour la première fois depuis peut-être dix ans, je suis sorti seul. Petit concert dans un bar jazz du coin. Endroit sans prétention. Plein de possibilités néanmoins.

Je veux dire: plus de possibilités que dans ma vie "courante". Non que je ne fasse que travailler et subir l'invasion consumériste qui en plus de bouffer le contenu du portefeuille, a tendance, et on le dit trop peu, à bouffer notre montre (petite morale, en passant: jetez-la, vous n'aurez plus rien à perdre).

J'ai une vie aussi, à côté de toutes les contraintes, mais j'ai une telle détermination à faire tout ce que je veux faire de ce temps qui m'est imparti, que du coup je le fais comme un forcené, directement braqué sur mon but, sans explorer les potentialités des situations. Quitte à tourner en rond sans m'en apercevoir.

Ce soir, les potentialités, ce n'étaient pas celles qui s'offraient dans les regards hasardeux d'une blonde protoypale, ou d'une brune prototypale qui discutait avec (elles n'étaient pas si prototypales, j'exagère, je dois vouloir les voir ainsi, tout de suite, pour aller jusqu'au bout de mon idée).

Ce n'était pas non plus l'horizon merveilleux de la musique, ni le sourire aux lèvres des clients, ni les lumières savamment suspendues pour rien montrer et tout voir...

Ce soir, la potentialité, c'était de ressentir un moment comme j'en ai connu tant. Et de me sentir presque plus heureux qu'autrefois dans cette situation familière; la ré-éprouver jusque dans le détail de toutes mes sensations: le nez planté dans la bière (un verre seulement, mais dégusté), les mains caressant la table en bois ou dans les cheveux, doucement. Mes cils doux. La bouche légèrement tirée vers le haut, juste ce qu'il faut pour ne pas se sentir regardé comme un solitaire malheureux, ou pire: en quête.

La potentialité, ce soir, c'était d'éprouver une sensation très familière sur laquelle je me sentirais presque d'écrire quelques mots (non, pas là, je ne vous en ai rien dit, je vous détaille une pensée incidente). Moi qui ai habituellement tant de mal à écrire sur ce que je vis. C'est vrai, je snob toujours ce que je connais déjà, c'est une maladie. J'utilise l'écriture comme un âne, forcément tétu, me forçant à découvrir des territoires que je ne connais pas, ce qui n'est pas sans m'intimider profondément, parfois...

La potentialité, ce soir, c'était d'écrire de façon libre, au coeur d'une sensation réelle. Et ce n'est pas tous les jours que le réel est une liberté, surtout vis à vis de soi-même.

 

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