Démarche de dédoublement volontaire (Notes) posté le vendredi 14 septembre 2007 19:28

Bon!

J'avoue l'évidence: je ne m'appelle pas 'Thomas P.'  Il y a des lettres derrière le "P", en vrai. Dit comme ça, la révélation n'est pas très intéressante.

J'ai créé ce blog juste avant les vacances. Puis relatif sommeil. Et là, il faut relancer la boutique.

D'un côté, 'Thomas P' existe. C'est le nom de l'auteur que j'ai en moi. Lui donner une dimension ne pose pas de problème: j'écris, et de plus en plus.

Par contre, que dire sur ce blog ?

Si, bien sûr, je partage mes lectures.

Si, je dis deux trois trucs.

Mais pour l'instant l'exercice me parait artificiel. J'ai l'impression qu'il s'agit d'un mémo personnel, que j'ouvre mon petit carnet à qui voudra. Bon, j'ai d'autres petits carnets, j'en ai plein. Je suis un "list-man" et un "carnet-man".

Mais voilà: j'ai pas de commentaires, pas de question, ou peu. Quelques unes au début, de la part de quelques fans de mon autre blog. Depuis, rien. Et comme l'auteur non publié que je suis n'a pas de lecteur (enfin si, mais pas beaucoup), son avatar web a pour l'instant du mal à prendre forme...

Ou alors Tecknikart n'est pas la bonne plateforme pour ce que j'ai commencé à faire. A voir.

'Thomas P', qui cela peut être ?

Il faut qu'il s'invente, qu'il trouve un fil rouge, pour éviter que l'autre Thomas ne reprenne le dessus.

Vous en avez, vous, des astuces, des méthodes de dédoublement forcé ?

Je suis preneur ! 

 

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Créateur de... (Notes) posté le mercredi 05 septembre 2007 20:55

Créateur de...
Créateur de beauté...
Créateur d'automobile...
Créateur de mariages et de réceptions...

Combien d'entreprises apposent cette signature d'une pauvreté qui n'égale qu'une certaine forme de prétention dans leur discours ? D'autant que les dites entreprises sont très loin de toutes intervenir dans le domaine de l'art, de la mode, pouvant justifier sans écart un tel affichage...

Alors, bien sûr celà se défend: les entreprises revendiquent de vouloir créer du beau, du sympathique, du moderne, du futur... après tout, ce sont elles qui fabriquent l'essentiel de notre environnement immédiat... à elle , effectivement, d'entreprendre ce vaste chantier.

Le hic, sans vouloir restreindre le mot "créateur" à un cercle étroit de pédants qui auraient une quelconque raison de pouvoir se masturber sur les mérites de leurs productions (vous pardonnerez la violence de mes propos; je n'hésite pas, sans courage que je suis, à la mettre sur le dos de ma lecture actuelle de Leon Bloy), le hic c'est que si l'on se prétend créateur, il faut être capable d'apporter du sens, en plus de dessiner de jolis produits.

Peut-on être créateur de futilités sans lendemain, ou d'objets incompatibles avec une certaine vision progressiste de la société sans soulever la moindre indignation ? Sans doute ! Mais c'est alors que la société a pris une orientation définitive qu'elle ne dit pas. Une orientation sur l'idée même de création...

Allez, sans doute, peu importe: je psychote, les mots n'appartiennent à personne, pas à ceux qui les disent en tout cas. A ceux qui les entendent de faire le tri.

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Maeterlinck - Les sentiers de la montagne (Ce que je lis) posté le dimanche 26 août 2007 15:00

Je viens de finir un recueil de pensées de Maeterlinck. Et il me vient l'idée de vous en faire non un résumé, ce que je ne fais jamais comme vous l'avez sans doute remarqué, mais une petite note sur un sujet qui a attiré mon attention.

Maeterlinck expliquait qu'il vaudrait mieux retenir en nous, au moins un temps, les mauvaises nouvelles qu'on apprend : décès d'un proche, déconvenue quelconque, peu importe si j'ose dire.

Pourquoi? Non pas pour protéger à l'excès son entourage du malheur, ce qui n'a pas de sens, non pas pour trouver les mots pour annoncer la mauvaise nouvelle, la relativiser, mais simplement pour distancier l'annonce de l'information et le choc de l'événement; car la perception d'autrui, dans ce cas là, est singulièrement différente. Il reste de la tristesse bien sûr, si la nouvelle est triste. Mais les ondes négatives se sont atténuées, l'instant terrible de l'événement a perdu son côté dramatique, ne reste plus que cet éternel sentiment lourd, et en même temps doux, du temps qui passe, disséminant autant d'horreurs que de bonheurs, et continuant malgré tout.*

Je trouve l'idée intéressante** et je ne regrette juste que de l'avoir rencontrée tardivement. Mon premier roman traite de sujets connexes ; cela me tarabustait depuis quelque temps d'en faire une réécriture profonde. Ce projet vient sans doute de faire un pas dans ma tête, et il passera nécessairement par quelques citations de Maeterlinck, dans un sens ou dans l'autre.

Pour aujourd'hui, je m'arrêterais après quelques phrases supplémentaires.

On disserte souvent de la modernité de textes d'auteurs anciens. J'ignore s'il faut considérer la proposition présente de Maeterlinck comme moderne, mais il est pour moi certain qu'elle interroge notre modernité. Ne colportons-nous pas méticuleusement chaque nouvelle que nous apprenons, bonne ou mauvaise, avec la rapidité de transmission pour seul objectif? L'instantanéité est notre seule valeur.

 

* Vous m'excuserez mais ce sont mes termes, ma reformulation, et non celle de Maeterlinck. Ceux qui sont intéressés pourront se reporter directement au texte lui-même : les mauvaises nouvelles.

** cela me rappelle le bonjour africain : « ça va », suivi d'une ribambelle de questions polies et réciproques sur le moral et la situation de l'interlocuteur, celui-ci plaçant sa politesse dans une suite ininterrompue de réponses positives. Après ces dispositions nécessaires, seulement alors, les interlocuteurs ouvrent leur coeur. Aucun nuage ne saurait d'abord ternir une rencontre.

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Le passage des Anges - Odilon-Jean Perrier (Ce que je lis) posté le dimanche 19 août 2007 23:18

Un tout petit éditeur (Finitude) a publié récemment un roman d'un auteur du début vingtième, disparu à l'âge de 27 ans. Disparu même, semble t-il, des mémoires litéraires, en dépit d'un prénom étonnant.

Le Passage des Anges, c'est l'arrivée de trois anges dans le monde des hommes.. et leur envie de participer à son jeu bizarre...

Je dois reconnaitre que ce court roman m'a prodigieusement séduit. L'écriture est épurée, souple, précise, poétique. Il alterne les formes (poésie, prose, théâtre, journal intime...) sans jamais rompre l'enchantement.

Ecoutez donc ça (vous n'avez qu'à lire à haute voix):

"La pluie, odorante comme une chevelure, donnait de vraies pensées d'Amour".

 

 

 

 

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La promesse de l'aube - Romain Gary (Ce que je lis) posté le dimanche 19 août 2007 22:52

C'est probablement le roman "clef" de Gary: où l'on découvre sa propre mère en génitrice de ses personnages, de son univers. C'est aussi le roman de l'enfance de l'écrivain Gary, et de la vie que sa mère à voulu (préécrite) pour lui. Peu de fils, sans doute, auront su porter aussi loin la concrétisation des espoirs de leurs parents.

En passant, et devant l'inutilité de repréciser que ce roman est de toute beauté, il me vient l'idée un peu dangereuse de m'interroger sur ce que ce roman retranscrit de l'éducation qu'il a reçue. 

Car il faut bien avouer qu'aujourd'hui, si à l'aide des livres qui remplissent les étagères de nos biens aimées librairies, on devait tracer les grandes lignes de ce qui serait "l'éducation idéale" (quel vilaine idée, sans doute), il y a peu de chances pour que l'enfance de Gary recueille une quelconque approbation: mère omniprésente, idéaliste, fantasque, arrimée farouchement à son célibat, et plaçant tous ses espoirs en son fils unique: revanche sur le monde, sur les hommes, sur l'art. Une éducation en forme de dictature, donc, compensée par un amour et une foi inébranlable en l'avenir de son enfant. 

Celui-ci malgré tout aurait pu être étouffé, écrasé dés le plus jeune âge par le poids de ces combats à mener sur tous les fronts, et à jamais meutri par les excès et les obligations découlants du tempérament fantasque de sa mère.

L'auteur semble pourtant y avoir puisé un oxygène d'une pureté sidérante...

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