Et le reste c'est de la littérature...  posté le lundi 07 avril 2008 21:10

Et bien je vais prendre les restes, alors...

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Le coup de l'éternel présent africain  posté le jeudi 04 octobre 2007 13:21

Petite réaction à retardement sur le discours prononcé par notre Président fin juillet 2007 à Dakar. Il faut bien dire que la réaction a été molle en France; la politique intérieure continue de canibaliser toute information, et tout débat sur l'extérieur. Ne nous lamentons pas, rien n'est perdu: l'an dernier la petite phrase de Le Lay, pédégé de la première chaine de télé française sur la vente d'esprit disponible avait justement mis trois mois pour faire scandale, été oblige.

Je me contenterais, en tout cas aujourd'hui de m'exprimer sur un point particulier de ce discours, visionnable dans l'extrait de 7 minutes pointé ci-dessus.

L'homme noir serait bloqué sur la "vie en hormonie avec la nature", subissant "l'eternel recommencement du temps". Cette conception de la vie ne laisserait "de place ni pour l'aventure humaine ni pour le progrès". Bref: impossibilité de construire pour cause d'excès de présent et de mythes, de "sortir de sa répetition pour s'inventer un destin". Le défi de l'Afrique: "rentrer dans l'histoire". 

Ce sujet m'est cher, et je l'avais d'ailleurs exploré dans mon premier roman. Autant vous dire que cela me donne l'envie ardente de le réécrire (je n'en avais que le désir mou jusque là!) et de le diffuser car je crois que ce sujet possède une actualité féroce, dont le discours de PSN n'est qu'une petite partie émergée mais très significative.

Car énoncer avec emphase de telles idées, très choquantes vis à vis des africains, c'est prendre un risque curieux pour un politique; en effet tout celà est en outre très drôle pour le "français d'en bas".

La société dans laquelle nous vivons n'est-elle pas justement celle d'un hyperprésent, bien loin de celui auquel nous enjoignait Ronsard ? La société de consommation et la financiarisation de toutes les activités humaines en sont les premiers vecteurs, nos institutions n'étant là que comme alibi de construction progressiste alors qu'elles ne sont le reflet de nos mythes et de nos blocages stériles. Nous n'avons, en tout cas de ce point de vue là, aucune leçon à donner à l'Afrique, mais bien plutôt à en recevoir.

 

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L'âge des ténèbres  posté le dimanche 30 septembre 2007 14:29

Vu hier au cinéma, "l'âge des ténèbres", film québecquois.

Je dois avouer que j'ai eu peur d'être confronté à une farce sans fond exploitant la notoriété des "Invasions barbares" (même réalisateur), au début. La galerie des acteurs et people y participant peut faire craindre le pire également.

Et puis... non. Il faut aller voir ce film, belle synthèse de l'impasse dans laquelle nous fonçons quasimment tous à fond les manettes. Rien n'est omis, et surtout pas l'essentiel. Les fantasmes de l'homme occidental moderne, plutôt que de participer à le libérer, s'y révèlent comme les ultimes chaînes qui nous attachent au système.

C'est drôle et terrifiant. Avec en prime la participation d'un Rufus Wainwright innatendu et pourtant tellement lui-même...

Allez, foncez vous prendre une claque à votre joue consumériste et travailleuse.

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Arrêter d'écrire pour le Grenelle de l'environnement ??? PETITION EXCLUSIVE !!!  posté le mercredi 26 septembre 2007 19:10

Serait-ce du développement durable que d'arrêter d'écrire, et donc de cesser de gâcher des ramettes de papier, puis d'être la cause de tant de rejets de CO2 dans l'atmosphère du fait de mes envois aux éditeurs ?

Quelque part, oui, c'est sûr. A moins d'être publié, auquel cas un auteur produit pour ceux qui le lisent beaucoup d'oxygène, ce qui vient atténuer l'impact de sa propre pollution, il y a un énorme problème avec les auteurs non publiés. Ceux là sont de purs pollureurs, et donc j'en suis un. C'est très grave, je crois. D'ailleurs, tout se tient, ça fait déjà longtemps que je considère mes écrits comme des pollutions nocturnes !!!

Donc je vais m'arrêter d'écrire. Et quand je dis arrêter, c'est arrêter, il s'agit pas de se réfugier dans le monde virtuel, saissant et publiant directement sur internet mes productions en me voilant la face, puisque le monde virtuel est au moins aussi polluant que le réel ( voir un article notamment sur la "pollution" induite par Second Life).

Dois-je faire faire cette proposition pour le grenelle de l'environnement ? 

Tiens, c'est une idée. Bon. Il faut faire quelque chose. Signez ce que vous voulez (en commentaires) pour amorcer une pétition, dans le sens que vous voulez, je vais pas commencer à cadrer qui et quoi que ce soit !! Et puis n'hésitez pas à promouvoir ce grand débat, je suis sûr qu'il peut devenir à la mode (!).

A BAS LA LIBERTE, ELLE EST POLLUANTE !!!

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Evolution personnelle et entretien professionnel  posté le jeudi 20 septembre 2007 13:36

Je vais pas vous enquiquiner avec mes activités alimentaires qui me font lever tous les jours. Simplement, j'ai eu aujourd'hui mon entretien professionnel, et quand mon supérieur m'a dit, au bout de une heure et demi de palabres que l'on abordait la case "évolution professionnelle point d'interrogation", je dois dire, en dépit de la répétition annuelle de cet exercice, que je suis resté passagèrement sec face à l'objet non identifié que nous étions censés traiter dans la minute.

Car enfin, mon but, mon "évolution personnelle" repose entièrement sur mes désirs d'auteur et quelques autres composantes de ma vie personnelle. Si je suis auteur, c'est pour l'écriture, mais aussi plus en profondeur, pour ce qu'elle apporte de structurant dans ma vie, justement pour faire face à la vie professionnelle, trop conquérante à force du rythme qu'elle impose. Je ne sais pas si, étant rentier, j'arriverais à me lever le matin pour écrire; mais je sais qu'après une journée de travail usant, cela ne me pose aucun problème pour passer des heures à écrire. Et que c'est ce rythme là et pas un autre qui fait mon évolution personnelle.

Que pouvais-je bien lui dire ? Que ce travail n'est qu'alimentaire ? Que je n'ai aucune ambition, et que je ne pourrais qu'être réticent à une quelconque promotion sous prétexte que, à contre courant, je n'estime pas que ma vie est mon boulot, et qu'il n'en est même pas la colonne vertébrale par défaut (constat que doivent se faire beaucoup de gens le jour où ils se posent) ?

Bon sang, Kafka et je ne sais quels autres auteurs qui devaient travailler à côté de leurs élans littéraires, que pouvaient-ils bien dire dans pareille situation ?

"Patron, je suis très heureux dans mon travail; tout est ici tellement catastrophique que cela me donne des sujets littéraires pour quinze vies au moins" ????!!

Bref, on s'en sort par une pirouette mais au fond on se sent terriblement seul.  Seul devant l'idée de ne jamais être publié, seul devant la tragédie de n'avoir que ce travail pour unique existence sociale  (avec ses avantages et ses inconvénients mais qui ne répond pas à l'ensemble de nos motivations, loin s'en faut), seul devant l'idée de rater toute carrière professionnelle à force de penser à autre chose, qui n'a que peu de chances de déboucher sur quoique ce soit qui puisse remplir une assiette quotidienne.

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